Ce qui frappe d'abord, dans cet est turc, c'est la richesse historique.
Ce qui frappe ensuite, c'est l'abandon de cette richesse.
Partout dans l'est les habitants se plaignent de la désertion des touristes alors qu'il y a tant à voir, monastères, châteaux, habitats étranges, mosquées... Avant il y en avait plus. Il est vrai que nous n'en croisons pas beaucoup. La plus grande concentration que nous ayons vus se trouve à Urfa, mais ce sont des touristes un peu particuliers, ce sont des pèlerins au nombre desquels on trouvent de nombreuses femmes toutes de noir vêtues, voilées. De celles qui font peur aux Occidentaux. Les locaux s'empressent donc de nous rassurer, ces femmes ne sont pas turques, elles sont iraniennes.
Harran se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville d'Urfa. A voir le désert qui sépare la seule porte qui ait résisté au temps du village qui porte désormais ce nom, on a peine à se figurer la cité prospère, centre culturel, religieux et commercial, sur la route de la soie quelle fut il y a quelques siècles, au dire de notre ami guide qui nous accompagne. Et pourtant il y a une espèce de tour de l'université islamique dont il ne reste plus que le tiers (paraît-il. Je doute qu'elle ait pu être aussi haute) et de laquelle on observait les étoiles. Des pierres et des briques de même couleur témoignent des bâtiments qu'il y a eu là. Mais nombre d'entre elles auraient pallié la pénurie d'arbres (et ça on a pas de peine à le croire) en pourvoyant à la construction de maisons aux toits coniques "en forme de ruches" (qu'on ne retrouve, paraît-il, que je ne sais pù en Italie) , préservant des rigueurs du climat. Fraîcheur l'été, chaleur l'hiver garanties! Enfin... toutes relatives, bien sûr.
Nous visitons une espèce de maison témoin de maison-ruche, à l'entrée du village, et c'est vrai qu'elle a de l'allure, et que la fraîcheur y règne étonnamment à l'intérieur, sans le secours de la climatisation, nous précise notre hôte. Vit-il des quelques boissons vendues aux quelques minibus de touristes qui passent par là? Difficile à imaginer. La seule valorisation du patrimoine, ici, c'est ce havre de paix, où nous sirotons un thé (après nous être jeté sur une bouteille d'eau!), et elle apparemment privée...
Harran est antique. Elle aurait hébergé Abraham.
Pour plus de précision, je vous renvois à cette page qui présente brièvement l'histoire de la cité :
http://www.guide-martine.com/fra/southeastern4.asp
Toujours est-il que, même s'il ne reste plus grand-chose de sa splendeur, ses restes auraient mérité de ne pas être en pâture aux indélicats et aux ordures... Ce qui reste du château me fascine. Je n'avais encore jamais vu une telle tour, large, avec cette autre tour comme un pivot au centre de celle-ci. A l'intérieur, l'architecture laisse apparaître les traces des occupants successifs aux différentes cultures. Un enfant nous suit dans notre visite, nous sommes les seuls à pénétrer dans les différentes salles de cette ruine. L'enfant voudrait bien nous vendre une de ces espèces de mobile de pois chiches encore verts qui semblent être une décoration locale. Il observe notre visite avec intérêt et quand il comprend qu'on nous donne l'explication d'un trou dans le sol, il nous fait la démonstration que c'est bien un puits en y balançant tout ce qui se trouve à sa portée...
keskilluidiz?